- Du
temps des rois mérovingiens issus des Francs, et
auparavant déjà, l'Alsace fut
divisée en de nombreux territoires à la
tête desquels les populations avaient placé
leurs propres chefs. CLOVIS et ses successeurs sur le
trône des rois Francs confirmèrent ces
usages, en conférant eux-mêmes des apanages
à ceux qui s'étaient distingués par
leur fidélité ou par de hauts faits
d'armes. parmi eux se trouvait ETICHON de la filiation
duquel naquit MASON qui allait donner son nom à
Masevaux : Masonis vallis ( vallée de Mason),
"Masmûnster" de Masonis monasterium. Etichon,
père de Sainte Odile, aîeul de Mason,
gouvernait le duché de la Haute-Alsace au
VIIème siècle, sous le règne de
Childeric II, roi des Francs.A sa mort, Etichon
légua une grande partie de ses biens à ses
petits-fils EBERHARD et MASON. Ce dernier vint
s'installer dans la vallée et y bâtit un
imposant château, LE RINGELSTEIN. On y trouve
encore quelques vestiges.
-
- Mason
avait un fils unique qui trouva la mort à
l'âge de huit ans en se noyant dans la Doller. La
perte de son fils unique éprouva cruellemnt Mason.
La dépouille du jeune comte fut inhumée
dans la chapelle Saint-Jean. Non content de ce digne
monument funéraire, le père inconsolable
décida de bâtir en lieu et place une
église et un couvent. Son projet se
concrétisa rapidement. Le simple couvent de
bénédictines fut transformé en
chapître de Dames Nobles sous l'invocation de Saint
Léger, dirigé par une abbessse
entourée de huit à dix religieuses qui
avaient pour mission de veiller sur le tombeau du jeune
prince, et de prier pour le repos de son âme, et
plus tard pour le repos de son noble fondateur. Chaque
année à la Toussaint, au jour anniversaire
qui devait commémorer le souvenir du jeune comte,
du pain et des haricots ("Brot und Bohnen")
étaient distribués aux pauvres.
L'église abbatiale Saint Léger , construite
entre 720 et 780, (Lors de la démolition partielle
de l'église après le sinistre du 11
août 1859, la découverte d'une pierre
angulaire de l'abside portant la date de 780 confirme sa
date de construction) s'est substituée à la
chapelle Saint Jean, la dépouille de l'enfant y
fut transférée et prit place au milieu du
choeur dans un sarcophage recouvert d'un gisant
reproduisant son effigie et portant l'inscription
funéraire suivante :
-
- "HIC
JACET FILIUS REGIS MASONIS, QUI HOC MONASTERIUM
CONSTRUXIT"
- "Ici
repose le fils du prince Mason qui a érigé
ce monastère"
-
- L'église
abbatiale et le chapitre de Saint Léger connurent
des heures de gloire et de malheur, comme nous le
témoigne les murs du choeur épargnés
par les aléas de l'histoire, et nous content la
propre histoire de ce monument qui est un des plus ancien
de la cité de Masevaux.
- Les
origines de l'abbaye sont mentionnée la
première fois au temps de Charlemagne en 780. Le
moine Adam, qui avait copié à Worms, pour
le roi des Francs, "l'Ars Grammatica" de Diomède,
écrivain du IVème siècle de notre
ère, reçu en échange l'abbaye de
Masevaux - " coenobium
Mansunvilare".
- Le
titre impérial de Louis-le-Débonnaire
daté du 11 juillet 828, raffermi les droits
absolus de l'Abbaye de Masevaux face à ces
avoués, les limites de son territoire, son pouvoir
de juridiction dans les villes et villages, notamment :
Guewenheim, Burnhaupt, Gildwiller, Zillisheim, Hundsbach,
Dannemarie, Suarce, Roppe, Ballersdorf,
Spechbach,Roellingen (Walheim), Galfingue,
Morschwiller-le-Bas, Steinbrunn, Bruebach, Rixheim,
Mulhouse, Ensisheim, Uffholtz, Herlisheim, Ungersheim,
Sigolsheim, Logelnheim, Eguisheim, Sigesheim (Disparu
près de cernay). Il ordonne que les avoués
de l'abbaye de Masevaux tiennent chaque année un
plaid (Dinghof) à Guewenheim.
- L'avouerie
était confiée, à titre provisoire,
à des comtes dépendant de la
souveraineté de l'Empire.
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