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L'ABBAYE -DE- MASEVAUX

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Origine : Mason Vallis, monastère fondé en 720 par Mason, arrière-petit-neveu de Sainte Odile
Voir sa situation dans la vallée de la Doller
Du temps des rois mérovingiens issus des Francs, et auparavant déjà, l'Alsace fut divisée en de nombreux territoires à la tête desquels les populations avaient placé leurs propres chefs. CLOVIS et ses successeurs sur le trône des rois Francs confirmèrent ces usages, en conférant eux-mêmes des apanages à ceux qui s'étaient distingués par leur fidélité ou par de hauts faits d'armes. parmi eux se trouvait ETICHON de la filiation duquel naquit MASON qui allait donner son nom à Masevaux : Masonis vallis ( vallée de Mason), "Masmûnster" de Masonis monasterium. Etichon, père de Sainte Odile, aîeul de Mason, gouvernait le duché de la Haute-Alsace au VIIème siècle, sous le règne de Childeric II, roi des Francs.A sa mort, Etichon légua une grande partie de ses biens à ses petits-fils EBERHARD et MASON. Ce dernier vint s'installer dans la vallée et y bâtit un imposant château, LE RINGELSTEIN. On y trouve encore quelques vestiges.
 
Mason avait un fils unique qui trouva la mort à l'âge de huit ans en se noyant dans la Doller. La perte de son fils unique éprouva cruellemnt Mason. La dépouille du jeune comte fut inhumée dans la chapelle Saint-Jean. Non content de ce digne monument funéraire, le père inconsolable décida de bâtir en lieu et place une église et un couvent. Son projet se concrétisa rapidement. Le simple couvent de bénédictines fut transformé en chapître de Dames Nobles sous l'invocation de Saint Léger, dirigé par une abbessse entourée de huit à dix religieuses qui avaient pour mission de veiller sur le tombeau du jeune prince, et de prier pour le repos de son âme, et plus tard pour le repos de son noble fondateur. Chaque année à la Toussaint, au jour anniversaire qui devait commémorer le souvenir du jeune comte, du pain et des haricots ("Brot und Bohnen") étaient distribués aux pauvres. L'église abbatiale Saint Léger , construite entre 720 et 780, (Lors de la démolition partielle de l'église après le sinistre du 11 août 1859, la découverte d'une pierre angulaire de l'abside portant la date de 780 confirme sa date de construction) s'est substituée à la chapelle Saint Jean, la dépouille de l'enfant y fut transférée et prit place au milieu du choeur dans un sarcophage recouvert d'un gisant reproduisant son effigie et portant l'inscription funéraire suivante :
 
"HIC JACET FILIUS REGIS MASONIS, QUI HOC MONASTERIUM CONSTRUXIT"
"Ici repose le fils du prince Mason qui a érigé ce monastère"
 
L'église abbatiale et le chapitre de Saint Léger connurent des heures de gloire et de malheur, comme nous le témoigne les murs du choeur épargnés par les aléas de l'histoire, et nous content la propre histoire de ce monument qui est un des plus ancien de la cité de Masevaux.
Les origines de l'abbaye sont mentionnée la première fois au temps de Charlemagne en 780. Le moine Adam, qui avait copié à Worms, pour le roi des Francs, "l'Ars Grammatica" de Diomède, écrivain du IVème siècle de notre ère, reçu en échange l'abbaye de Masevaux - " coenobium Mansunvilare".
Le titre impérial de Louis-le-Débonnaire daté du 11 juillet 828, raffermi les droits absolus de l'Abbaye de Masevaux face à ces avoués, les limites de son territoire, son pouvoir de juridiction dans les villes et villages, notamment : Guewenheim, Burnhaupt, Gildwiller, Zillisheim, Hundsbach, Dannemarie, Suarce, Roppe, Ballersdorf, Spechbach,Roellingen (Walheim), Galfingue, Morschwiller-le-Bas, Steinbrunn, Bruebach, Rixheim, Mulhouse, Ensisheim, Uffholtz, Herlisheim, Ungersheim, Sigolsheim, Logelnheim, Eguisheim, Sigesheim (Disparu près de cernay). Il ordonne que les avoués de l'abbaye de Masevaux tiennent chaque année un plaid (Dinghof) à Guewenheim.
L'avouerie était confiée, à titre provisoire, à des comtes dépendant de la souveraineté de l'Empire.
 

 

Voir Armoiries Chanoinesses en 1600

Les abbesses de l'abbaye de Masevaux
Chanoinesses et leurs armoiries en 1600
(Document ADHR, 7 J 240)
Quelques parchemins, épargnés par les vicissitudes de l'histoire, de la guerre des rustauds et de la révolution, nous livrent la liste complète des abbesses et de quelques chanoinesses justifiant de seize quartiers de noblesse requis par la règle de l'Abbaye de Masevaux.

Nom des abbesses et chanoinesses

Année d'élection
Année de décès
1

Adélaide de Rahr

743
799
2

Odile

799
841
3

Clémence

841
892
4

Judith

892
938
5

Modeste

938
969
6

Edwige

969
1020
7

Berthe de Westerstetten

1020
1058
8

Hedwig II de Waldeck

1058
1104
9

Juntha de Kranitz

1104
1140
10

Anne de Pyrmont

1140
1180
11

Hildegarde

1180
1215
12

Madeleine

1215
1230
13

Mathilde de Rey

1230
1257
14

Marguerite de Fontenay

1257
1287
15

Véronique de Furstenberg

1287
1315
16

Marie de Masevaux

1315
1335
17

Marguerite de Beaufremont

1335
1353
18

Anne de Brandis

1353
1398
19

Adélaîde de Ratpach

1398
1446
20

Gertrude Zorn de Tirmingen

1446
1480
21

Adélaide d'Eptingen

1480
1504
22

Agnés de Bolsenheim

1504
1516
23

Claire de Hattstat

1516
1521
24

Madeleine Stoer de Stoerenbourg

1521
1531
25

Anastasie de Rischach

1531
1551
26

Marie Scholastique de Falkenstein

1551
1603
27

Anastasie de Ferrette

1603
1628
28

Catherine Blarer de Wartensèe

1628
1646
29

Anne Marguerite de Sickingen

1647
1654
30

Marie Madeleine de Falkenstein

1654
1686
31

Marie Jacobé Zu Rhein

1686
1702
32

Marie Anne Euphrosine Reich de Reichenstein

1703
1704
33

Marie Françoise Truckess de Reinfelden

1704
1756
34

Anne Marie de Hagenbach

1756
1758
35

Marie Anne d'Andlau-Hombourg

1758
1759
36

Marie Suzanne Xavière de Ferrette

1760
1826

Georges de Masevaux en 1520

Nota sur la seigneurie de Masevaux :

L'avouerie de l'abbaye était confié aux ducs d'Alsace dépendant de la souveraineté de l'Empire puis aux comtes d'Eguisheim leurs descendants. Dès le Xème siècle, l'abbaye était aux mains du puissant seigneur de la Haute Bourgogne, le comte Louis de Montbéliard. Transmise de père en fils, l'avouerie fut transmise à son fils Frédéric de Ferrette vers le XIème siècle. En 1324, à la mort du dernier comte de Ferrette Ulrich, sa fille épousa l'archiduc Albert d'Autriche. Celui-ci engagea la seigneurie de Masevaux à la famille noble de Masevaux. Ludwig von Masmunster en fut le premier engagiste. Puis Jean-Christophe de Masevaux (Fils de Melchior) disparaissant sans héritiers en 1571 dans sa résidence au château de Ringelstein. L'abbesse Scholastique de Falkenstein engagea la seigneurie à son parent Jacques de Falkenstein. Puis La seigneurie échut en 1602 aux mains des barons de Bollwiller qui l'inféodèrent à leurs héritiers, les comtes Fugger. Ces derniers explusés d'Alsace, la seigneurie tomba au pouvoirs des suédois qui confièrent l'investiture à un noble de Bohème M. Ratschin qui la détint jusqu'au traité de Munster en 1648. La seigneurie fut rendue aux Fugger, qui en 1681, la cédèrent contre la somme de 56.000 francs à l'ancien maréchal de camps suédois, Conrad de Rosen. Cette vente fut ratifié par Louis XIV.
Grâce au bon vouloir de Louis XIV, les Rosen devinrent ainsi , propriétaires du domaine de l'abbaye malgré les protestations de l' Abbesse. Conrad de Rosen le vendit le 01/12/1684 , avec le consentement du roi à son gendre Nicolas de Rothenbourg élevé à la dignité de comte par Louis XIV. Par ce mariage entre Anne Jeanne de Rosen et Nicolas Frédéric de Rothenbourg, les deux seigneuries de Masevaux et de Rougemenont vont s'unir plus tard entre les mains de leur fils Conrad Alexandre. (Pour le remercier de ces services de diplomate, le roi lui conféra la seigneurie de Rougemont.) Mort en 1735, sans postérité, la seigneurie passa en possession de ses deux soeurs. L'une chanoinesse de Rougemont, l'autre Jeanne avait épousée le comte de Vaudrey. Leur fille, Jeanne Octavie se maria avec Octave de Rosen. De ce mariage naquit un fils, Eugène Octave, dont la fille, Sophie de Rosen, épousa le prince de Charles Louis Victor de Broglie qui fut guillotiné pendant la révolution. Au début de la révolution, le chapitre est déclaré bien national. Le 9/03/1794, la nouvelle administration municipale délivra des passeports au trois chanoinesses suisses afin qu'elles quittent les lieux. Le 24 janvier 1799, les administrateurs du département procéde à la vente des bâtiments du chapitre en neuf lots sur la base de l'estimation faite le Georges Chrétien Kuhlmann, expert géomètre-géographe de Colmar nommé le 22 juillet 1798.
L'Etat retira 619.000 livres de ces enchères
Lot 1 - L'Hôtel de la chanoinesse de Reichenstein fut adjugé à Pierre Gerst
Lot 2 - La maison de la chanoinesse de Tschudy fut adjugé à Georges Humer
Lot 3 - L'Hôtel canonial de Thurn fut adjugé à Jacques Barth
Lot 4 - La maison de la chanoinesse de Schoenau fut adjugé à Pierre Jaeger
Lot 5 - L'Hôtel de la chanoinesse de Reutner fut adjugé à Jacques Barth
Lot 6 - L'Hôtel de la chonoinesse de Landenberg fut adjugé à Pierre Jaeger
Lot 7 - L'Hôtel abbatial fut adjugé à Jacques Barth
Lot 8 - Le Freyhoff et l'orangerie fut adjugé à Pierre Jaeger
Lot 9 - L'Eglise avec sa tour fut adjugé à Joseph Garnier
Plus tard, la municipalité de Masevaux racheta le lot n°9 à Joseph Garnier en échange d'une forêt communale au "Grambächle".

Bibliographie sommaire
Auteurs
Année

Histoire de Masevaux (Abbaye et sanctuaires)

TRESCH P.P.

1987

L'abbaye de Masevaux

TRESCH Etienne

1985

Le Doyenné du Sundgau

SCHICKLE M.

1899

Histoire médiévale de l'ancien Evèché de Bâle

REBETEZ J.C.

2002

Jeanne de Ferrette

CLAERR Gabrielle

1996

Les Habsbourg en Alsace des origines à 1273

SH du SUNDGAU

2002

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