![]() |
|
![]() |
|
|
|
|
|
|||
|
|
|||
|
La Terre était née. A ce stade le globe terrestre apparaît comme une boule de feu. Le lent refroidissement de sa surface conduisit à la formation d'une croûte solide. Puis, par suite des tensions développées au contact du noyau de la Terre demeuré fluide, la croûte se rompt et se fragmenta. Les plaques issues de cette dislocation dérivent au fil des temps à la surface du globe. Elles préfigurent les continents actuels. Lorsque la température ambiante est devenue suffisamment basse, la vapeur d'eau atmosphérique se condense et remplit les dépressions de l'écorce terrestre. Les terres sont désormais séparées par des océans. A l'échelle des temps géologiques, c'est-à-dire au cours des centaines de millions d'années, l'histoire de la Terre fut une succession de bouleversements, séparés par des périodes d'accalmie. Des chaînes de montagnes s'édifièrent, des volcans surgirent. Dès leur formation. Ces reliefs devinrent la proie de l'érosion. Les variations climatiques, les cours d'eau, les glaciers... contribuèrent à leur démantèlement Les fleuves, les rivières, le vent, transportèrent au loin les produits de leur destruction et finalement les déposèrent dans les mers. Il en résulta des paysages aplanis, d'une grande monotonie Les mouvements de l'écorce terrestre provoquèrent à de nombreuses reprises leur recouvrement par les mers. Au sein des eaux marines, les débris arrachés aux terres émergées vont s'accumuler sur de grandes épaisseurs. A la faveur de déformations de grande amplitude du globe terrestre, ils seront repris dans l'édification d'une nouvelle chaîne de montagnes que l'érosion va attaquer aussitôt Le cycle recommence. La matière de notre planète participe à un perpétuel renouvellement Mers et montagnes qui se succèdent au cours des temps en un lieu donné sont l'expression de la face changeante de la Terre. En Alsace et dans les Vosges, la lecture des événements géologiques demeure inaccessible au-delà d'un milliard d'années. Elle devient plus aisée au fur et à mesure qu'on se rapproche des temps actuels. Au cours de cette longue durée, se sont individualisées les trois unités majeures de la géographie de notre province: l'ALSACE
|
|||
|
|
||||
|
|
|
|
|
|
|
QUATERNAIRE |
|
|||
|
TERCIAIRE |
|
Climats tempérés |
||
|
|
Exondation de la plaine d'Alsace |
|||
|
|
|
|||
|
|
|
|||
|
|
Chaîne alpine |
|||
|
SECONDAIRE |
Crétacé |
|||
|
Jurassique |
|
Portlandien |
Emersion des Vosges et de l'Alsace |
|
|
Kimméridgien |
||||
|
Oxfordien |
Récifs de Ferrette |
|||
|
|
Callovien |
|||
|
Bathovien |
Calcaires oolithiques |
|||
|
Bajocien |
||||
|
Aalénien |
||||
|
|
Toarcien |
Schistes gris |
||
|
Pliensbachien |
||||
|
Sinémurien |
||||
|
Hettangien |
||||
|
Trias |
|
|||
|
|
Marnes irisées |
|||
|
|
Calcaires coquilliers |
|||
|
|
|
|||
|
PRIMAIRE |
Permien |
|
||
|
Carbonifère |
|
|||
|
Dévorien |
|
|||
|
Silurien |
|
|||
|
Ordovicien |
Schistes de Steige |
|||
|
Cambrien |
||||
|
PRECAMBIEN |
|
|||
|
|
||
|
Au cours de 150 millions d'années, jusqu'à l'ère secondaire, ce massif lentement nivelé par l'érosion, fut recouvert par les mers oligocènes qui baignaient alors la zone de l'actuel Bassin parisien. Ces mers déposèrent plusieurs couches sédimentaires sur le socle des fonds primitifs: du grès, des roches calcaires, de la marne... A l'ère tertiaire, il y a environ 50 millions d'années, les convulsions du globe qui firent surgir plus au Sud la chaîne des Alpes, relevèrent les vieux massifs hercyniens. L'ensemble Vosges - Forêt-Noire resurgit de l'eau et fut porté à une altitude de près de 3 000 mètres, rejetant sous cette poussée, de part et d'autre de la ligne de crête, les couches sédimentaires de l'ancien fond marin. Dans une seconde phase, à la fin de l'ère tertiaire, I'échine médiane du massif s'effondra comblant le vacuum créé sous l'écorce terrestre par la gigantesque poussée des Alpes et ouvrant une large faille entre les deux arêtes latérales de la chaîne montagneuse restée debout. Une vallée séparait désormais les Vosges à l'Ouest de la Forêt-Noire à l'Est. Ceci explique les similitudes des deux massifs, I'analogie de leurs reliefs et la conformation abrupte de leurs versants tournés vers la vallée du Rhin. Une nouvelle fois les mers envahirent la dépression comme en témoignent les fossiles de poissons et de mollusques incrustés dans la roche au pied des montagnes. Elles laissèrent les dépôts : a - potassiques au sud b - pétrolifères au nord Au quaternaire, un abaissement général de la température dans l'hémisphère septentrional couvrit de glaciers les sommets des Hautes Vosges et de la Forêt-Noire. Dans leur lente descente vers la plaine, ces glaciers creusèrent de profondes vallées et poussèrent devant eux des moraines dont l'accumulation forma des barrages naturels remplis d'eau : les lacs vosgiens. Le Rhin qui, à l'origine, coulait tantôt vers le Bassin rhodanien, tantôt vers le Danube, se fraya à son tour un chemin vers la cuve d'affaissement encore fermée en aval par la barre rocheuse de Bingen. Ses eaux, auxquelles se mêlèrent celles des torrents dévalant de la calotte glaciaire qui coiffait les Hautes Vosges et la Forêt-Noire, envahirent petit à petit le fossé médian et le comblèrent de galets, de gravier, et d'éboulis arrachés à la montagne. Lorsque ces eaux accumulées eurent forcé la barre de Bingen et purent s'écouler vers la mer du Nord. La haute vallée du Rhin progressivement asséchée, reçut par des vents dominants une couverture de loess, une fine poussière limoneuse qui, mélangée aux grasses terres d'alluvions, donna un sol particulièrement fertile. Une luxuriante végétation s'y épanouit au milieu de laquelle l'homme s'établit depuis les temps les plus reculés. A coté de chez nous un site géologique unique sur la commune de Sentheim permet de découvrir un champ de fractures retraçant toute l'histoire géologique de la chaîne vosgienne et de la plaine d'Alsace. |
||
...
|
|
|
|
||
|
|
||||
Les Vosges et l'Alsace à travers les âges
géologiques Gall J. Cl. 1980 Géologie du Socle Vosgien et le Fossé
Rhénan (UPM) Fluck Pierre 2000 Le Pays de la Potasse - Des lieux et des hommes - Wackermann G. 1989