L'Alsacien
Homo Habilis
-3 millions
Les premiers hommes
-1 million
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L'arbre évolutif des hominoïdes

L'ancêtre commun de l'homme et du chimpanzé Proconsul vivait il y a environ 18 millions d'année. La séquence de l'Omo commence il y a 8 millions d'années. par la diversification d'une sous famille, les australopithécinés qui divergent des chimpanzés et donnent naissance à la lignée humaine.

l'Homo habilis est le premier à parler

Les premiers Homo

Les plus vieux fossiles jamais rapportés au genre Homo sont la mandibule découverte en 1991 au Malawi et les séries récoltées à Koobi Fora, au Kenya, et à Olduvai, en Tanzanie; la première date d'environ 2,4 M.A. et les autres de 1,9 à 1,6 M.A. suivant les spécimens. Ils représentent la forme d'adaptation plus "cérébrale" aux modifications du climat survenues vers 2,5 M.A. que la réponse "dentaire" développée par les différentes espèces robustes d'australopithèques. Les premiers humains dérivent de la lignée des australopithèques graciles, mais il y a désaccord pour savoir s'il faut les faire provenir de l'ensemble de ceux-ci (Australopithecus ramidus, A. afarensis, puis A. africanus) ou uniquement d'A. ramidus, puis A. afarensis.

On identifie classiquement ces premiers Homo grâce à une série de caractères dont les principaux sont: 

l'accroissement spectaculaire du cerveau, tant en valeur absolue que rapporté au corps, avec une capacité souvent comprise entre 600 et 750 cm3, avec meilleur équilibre crânien sur une colonne vertébrale de morphologie plus humaine que celle des australopithèques;

le développement d'une denture plus petite, omnivore et répartie sur une arcade arrondie, avec des incisives et des canines devenant plus fortes qu'auparavant par rapport aux molaires;

l'adoption, pour la première fois dans l'histoire des hominidés, de la bipédie comme unique moyen de locomotion, avec donc perte de la plupart des adaptations au grimper; les os du squelette post-crânien sont, dans l'ensemble, très semblables à ceux des humains et traduisent une démarche pratiquement identique à celle de ces derniers;

l'arrière-crâne d'Homo tend à s'arrondir, la voûte crânienne et le front se redressent, le bourrelet sus-orbitaire est faible, la face est faiblement prognathe, réduite par rapport à celle d'Australopithecus, la mandibule perd de sa robustesse.

L.S.B. Leakey, P.V. Tobias et J.R. Napier ont, en 1964, introduit l'espèce Homo habilis pour classer ces premiers humains, connus à l'époque uniquement à Olduvai. Au fil des découvertes, de nombreux restes provenant d'Ethiopie, du Kenya et d'Afrique du Sud ont été attribués à ce taxon dont la surprenante variabilité a commencé à être questionnée. Ainsi, de nombreuses petites différences entre deux lots de crânes de Koobi Fora et la ressemblance de l'un d'eux avec les découvertes d'Olduvai ont amené certains - Wood à la suite d'Alexeyev, mais cette position est très controversée - à répartir les premiers Homo africains en deux espèces: d'une part Homo rudolfensis, qui perdurerait de 2,4 M.A. à 1,6 M.A., notamment au Malawi et à Koobi Fora, et auquel se rattacherait maintenant le célèbre crâne KNM-ER 1470, trouvé en 1972; d'autre part Homo habilis proprement dit, avec la série d'Olduvai et quelques pièces plus petites de Koobi Fora, entre autres le crâne KNM-ER 1813, toutes datées entre 1,9 et 1,6 M.A. La capacité crânienne moyenne d'H. rudolfensis est de l'ordre de 750 cm3 pour environ 610 cm3 à H. habilis sensu stricto. 

L'organisation des aires et scissures cérébrales de ces premiers Homo est plus proche de celle de l'homme moderne qu'elle ne l'est des australopithèques; les aires de Broca et de Wernicke sont présentes, ce qui a fait suggérer qu'H. habilis possédait une forme rudimentaire de langage, bien nécessaire à la relative complexité de sa culture matérielle. A cet égard, les premiers Homo africains séjournaient dans des campements saisonniers, souvent au bord de l'eau, où ils aménageaient parfois de petits abris circulaires très simples, sans doute en peaux ou en branchages calés au sol par des pierres. Ils n'avaient pas encore apprivoisé le feu. Ils taillaient l'os et la pierre: leur outillage lithique, parfois rapporté à la "culture oldowayenne", se composait de galets aménagés et d'outils sur éclats destinés à découper, éplucher... Ils étaient omnivores, vivant de la chasse, de la cueillette et étaient à l'occasion charognards. De telles activités impliquent une organisation sociale déjà importante, avec partage de la nourriture dans des camps de base, transmission du savoir et donc développement de moyens de communication, sans doute sous la forme d'une vocalisation composée de sons modulés. Il n'est pas impossible que certains de ces premiers Homo se soient déjà aventurés hors du sanctuaire africain pour se répandre vers le nord.

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Jusque là nous Alsaciens n'existions pas !


Bibliographie sommaire

Auteurs

Homo habilis est le premier à parler

Jacques Vauclair