L'Alsacien
Homo Sapiens
-500.000 ans
Homme moderne
0 an
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L'arbre évolutif des hominoïdes

L'ancêtre commun de l'homme et du chimpanzé Proconsul vivait il y a environ 18 millions d'année. La séquence de l'Omo commence il y a 8 millions d'années. par la diversification d'une sous famille, les australopithécinés qui divergent des chimpanzés et donnent naissance à la lignée humaine.

On rappellera que l'homme moderne, Homo sapiens sapiens, unique représentant de notre genre et de notre espèce depuis une trentaine de milliers d'années, est responsable d'une fabuleuse accélération de l'évolution. Encore chasseur cueilleur au début de son existence spécifique, il a témoigné de facultés prodigieuses pour occuper les coins les plus reculés de la planète, pour inventer l'art, pour se transformer en agriculteur et en potier il y a 8 à 10 000 ans, peu après la fin de la dernière glaciation, puis pour élaborer des cités, inventer la métallurgie, la roue, l'écriture et pour enfin s'industrialiser, s'informatiser et partir à la conquête des étoiles. Puisse cet être qui a changé la face du monde ne pas renier son ancrage biologique et préserver l'univers naturel dont il est interdépendant, sous peine de permettre rapidement aux espèces qui lui survivront de disserter un jour sur la dérision des causes de la disparition de l'homme "deux fois sage".

Le génie de l'homme, des origines à l'écriture

 C'est à travers plus de 250 objets rares et précieux que l'exposition "Le génie de l'homme, des origines à l'écriture" raconte la merveilleuse histoire des inventions de l'homme. Une histoire qui se poursuit toujours depuis quatre millions d'années et qui commence, un jour, lorsqu'un homme des plus primitifs prit une pierre, la tailla avec une autre pierre, pour la rendre plus efficace dans une fonction bien précise. Il venait d'inventer l'outil et l'outil de l'outil.

C'est à ce moment précis que commence l'exposition la plus complète, la plus scientifique, la plus didactique réalisée sur ce thème. Elle se déroule à l'abbaye Saint-Gérard de Brogne, à Saint-Gérard et elle est la neuvième grande exposition à thème de cette institution qui, chaque année à pareille époque (1er mai - 1er novembre), propose des expositions de grande valeur sur des sujets scientifiques. 

Plus de vingt scientifiques de renom et, parmi eux, de nombreux professeurs d'universités, ont oeuvré durant plus d'un an pour concevoir et réaliser Le génie de l'homme qui a reçu les encouragements et l'aval de spécialistes comme Yves Coppens, professeur au Collège de France, Henri Delporte, inspecteur honoraire des Musées de France, Henry de Lumley, directeur du Muséum national d'histoire naturelle de Paris, Norbert Stomp, directeur du Musée national d'histoire naturelle du Grand-Duché de Luxembourg, Daniel Cahen, directeur de l'institut royal des Sciences naturelles de Belgique, etc. 

Les objets présentés ici, dans une scénographie très originale, viennent de quarante musées nationaux et internationaux et illustrent de meilleure façon cette histoire extraordinaire de l'évolution de l'Homme depuis l'Homo Habilis et son chopping tool jusqu'au Sapiens-Sapiens au moment où il invente l'écriture, il y a 7000 ans. Entre ces deux extrêmes, l'aventure de l'Homo erectus qui va conquérir le fabuleux monde, inventer le feu, parler, créer des rites et du Néandertalien qui révolutionne la taille de la pierre et invente la sépulture, donc se pose les premières interrogations métaphysiques. 

Comme à chaque exposition, des points forts rythment l'espace. Ici, les "Pas de Laetoli", les toutes premières traces au monde d'un bipède... la symbolique du feu autour du plus vieux feu européen (400.000 ans), celui de Terra Amata... une reconstitution fidèle d'un diverticule de la grotte de Lascaux, ce chef d'oeuvre de l'art pariétal... la reconstitution, en tous points exacte, d'un sanctuaire de Catal Hüyuk, en Turquie. 

De très nombreux visiteurs ont déjà été conquis par cette exposition qui raconte, avec simplicité et passion, la plus extraordinaire des aventures, celle de l'Homme, celle de nos ancêtres. 

Un superbe catalogue de près de 300 pages, en couleurs, est le compagnon indispensable d'une bonne visite. A moins que l'on ne préfère les explications de guides spécialisés. 

 

La langue des tablettes et l'évolution de l'écriture

Aux premiers stades de l'écriture (les phases appelées Uruk IV et encore Uruk III), l'écriture est bien loin de reproduire la langue, elle ne cherche même pas ce but. Comme on l'a très bien dit, les tablettes archaïques ne contiennent pas des textes à proprement parler, mais des aide-mémoire; elles rendent des processus globaux intelligibles pour ceux qui les ont écrits et ceux qui partagent les mêmes conventions et codes graphiques. En ce sens, on peut dire que cette écriture est idéographique. Déjà, la disposition des signes dans des cases fait partie du code. Pour le reste, quelques mots-clés suffisent à condenser le message. Les tablettes peuvent même être intelligibles pour des personnes de langues différentes.

Dans l'écriture primitive, un certain nombre de signes sont des pictogrammes où on peut reconnaître assez aisément la représentation. Cela ne veut pas dire pour autant que nous sachions les lire, ni même qu'ils aient eu une lecture conventionnelle obligée, même à l'époque; cependant, nous pouvons être raisonnablement sûrs que, quant il y a le signe ORGE, il faut substituer un mot pour ORGE (sumérien: SE), ou, quand il y a le signe INANA (Fig.6), il faut substituer le nom de la grande déesse d'Uruk, INANA. Dans la mesure où une réalisation phonétique, l'écrit commence à coller au langage; l'écriture devient logographique et non plus seulement idéographique.

 Figure 6:

A gauche, les signes AN et INANA (dieux d'Uruk).

A droite, le signe SE (l'orge).

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.Jusque là nous n'étions que des Alsaciens Homo Sapiens!


Bibliographie sommaire

Auteurs

Jean Jacques Hubin