L' Alsacien Romain
Guerre des Gaules

-58
Le Bellum Gallicum
407

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Année 58 av. J.-Ch.
Livre I du Bellum Gallicum de César

Campagnes contre les Helvètes et contre Arioviste

 

 

Jusqu'en l'année 58 av. JC, Rome n'a occupé en Gaule que la Province de Gaule Transalpine, dont le nom latin de Provincia est devenu celui de notre Provence. Elle s'étendait de la région de Toulouse au lac Léman, sur l'ensemble des territoires méditerranéens et rhodaniens, jusqu'à Genève.

 

En 58, une double occasion s'offre à César d 'intervenir en Gaule intérieure.

Sollicité par des ambassadeurs Eduens qui redoutaient les entreprises des Helvètes, le Sénat avait chargé César d'empêcher ces derniers d'envahir la Gaule : en fait, à Genève, les redoutables Helvètes demandent seulement la permission de traverser la Province pour aller s'installer en Gaule' chez les Santons. César fait d'abord une réponse dilatoire et fortifie le Rhône : il gagne du temps. Le 13 avril, après l 'arrivée de ses légions, il repousse leur demande. Les Helvètes s'adressent alors aux Séquanes : César les poursuit à l 'intérieur du pays, sans les attaquer et constate que des dissensions s'élèvent chez les Eduens : un fort parti anti-romain fait le jeu des Helvètes en coupant les vivres aux Romains. En fait, le Sénat de Rome avait été trompé et entraîné dans une véritable guerre civile entre Gaulois. Les Eduens étaient en guerre avec les Séquanes et les avaient battus : ceux-ci avaient appelé à leur aide Arioviste, roi des Suèves, qui avait passé le Rhin, battu les Eduens et s'était établi en Gaule, en opprimant aussi les Séquanes. Les Eduens voulaient maintenant expulser Arioviste, mais ils n'étaient pas d'accord sur les moyens: un parti comptait sur les Romains, un autre s'appuyait sur les Helvètes. Au vu de cette situation, César décide de rebrousser chemin, pour réorganiser son ravitaillement, mais alors les Helvètes l'attaquent soudainement. Mis en difficulté, César réussit cependant à se dégager. Au lieu de poursuivre la guerre, les Helvètes offrirent la paix, et l'obtinrent à des conditions qui montrent que César ne croyait pas les avoir battus : ceux qui le désiraient pouvaient regagner leur ancien territoire ; les autres restaient en Gaule, sur des terres cédées par les Eduens. Le plan du parti Eduen, favorable aux Helvètes, avait donc échoué.

Très vite, les cités gauloises, réunies dans leurs assemblées annuelles, demandèrent à César de délivrer le pays d'Arioviste. Or, l'année précédente, à la suite de tractations obscures, Arioviste avait été déclaré "ami et allié du peuple romain" par le Sénat. Rome se trouvait donc en Gaule à la fois l'alliée d'Arioviste et celle de ses ennemis, les Eduens. Mais César comprenait que pour agir en Gaule, il fallait avant tout en chasser Arioviste : il le somma de ne plus faire venir en Gaule d'autres Germains, de libérer les otages pris aux Eduens, de ne plus opprimer ce peuple, ni ses alliés.

Arioviste répondit, avec quelque apparence de raison, qu'en le déclarant l'année précédente "ami et allié", le Sénat Romain avait implicitement reconnu les conquêtes faites par lui en Gaule. César passa outre, avec une témérité dont d aurait pu avoir à subir de graves conséquences, s'il avait échoué : il déclara la guerre à Arioviste, marcha sur le Rhin, livra bataille en Haute-Alsace, vainquit Arioviste qui n'échappa à la mort qu'en prenant la fuite.

Le risque d'une invasion de la Gaule était ainsi écarté pour quelques siècles, mais au moment où César remportait cette victoire, de graves nouvelles lui parvenaient de Rome: le "triumvirat" ou gouvernement à trois, formé laborieusement en 60 entre Pompée, Crassus et Cesar, était en train de s'effondrer, au milieu des discordes civiles.

 

 

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