L' Alsacien Romain
Guerre des Gaules

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Le Bellum Gallicum
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La philologie et ses méthodes
L'informatique au service de l'étude des textes

 

1. Rapide historique de la transmission des textes
 
2. Les disciplines concourant à l'étude d'un témoignage écrit ancien
 
3. L'apport de l'informatique
 

Les textes antiques nous ont été transmis par des copies manuscrites, exécutées les unes - les plus anciennes -, sur un matériau fragile, le papyrus, en général difficilement conservé, puis sur le parchemin, peau spécialement traitée selon une technique inventée par les érudits de Pergame, rivaux de ceux d'Alexandrie.

Nous ne possédons pas d'exemplaires originaux des oeuvres des auteurs classiques. Pour César, les manuscrits les plus anciens datent du IXe siècle. Ils sont donc eux-mêmes le résultat de nombreuses copies successives, lors desquelles bien des erreurs ont pu s'introduire.

Pour établir correctement un texte, il faut d'abord déchiffrer le ou les manuscrits conservés et circonscrire les difficultés, par exemple relever et traiter les passages où il y a une faute évidente (faute contre la grammaire chez un grand écrivain, ou encore contre la logique, omission ou doublement d'un mot, remplacement d'un mot par un autre qui lui ressemble, mais ne présente pas de sens à cet endroit, etc).

Quant il y a plusieurs manuscrits, et que ceux-ci présentent deux ou trois variantes, dites leçons, différentes, il y a des méthodes pour choisir dans les meilleures conditions la leçon la plus vraisemblable. A défaut de témoignage manuscrit conservé, dans le cas d'une incorrection ou d'une absurdité manifeste, l'éditeur du texte peut se risquer, avec beaucoup de prudence, à introduire une conjecture. Lorsqu'il y a conjecture, elle doit être clairement signalée comme telle dans l'édition.

Dans tous les cas, les éléments qui ont conduit au choix ou à la correction doivent être l'objet d'une mention dans les notes de bas de pages, appelées dans ce cas apparat critique ; cette mention permettra au lecteur attentif d'apprécier le choix ou la correction et facilitera la découverte et l'introduction d'une éventuelle amélioration ultérieure.

 

Dans le cas qui nous préoccupe plus particulièrement, le Bellum Gallicum, l'Institut Vitruve relève parmis les 164 manuscrits étudiés à ce jour quelques 400 corrections à faire pour le seul livre VII, par rapport au texte couramment établi.

Les reproductions des 160 manuscrits étudiés se trouvent sur trois grands types de supports : papier, microfilms et photographies couleurs ou noir et blanc.

 

L'étude d'une telle masse et d'une telle diversité d'informations nécessite certains moyens et des méthodes appropriées. Après une première lecture cursive, destinée à calibrer la difficulté du manuscrit et son intérêt potentiel, la lecture est reprise de manière systématique, afin de remplir des grilles d'anomalies suivant une codification préétablie. Par la suite, ces grilles sont reprises dans un tableau informatisé à multiples entrées. Pour remplir les cellules, un échantillon de 122 leçons significatives est retenu. A ce stade une première comparaison et des groupements de manuscrits peuvent être envisagés, par recherche et observation des similitudes, tant dans les erreurs que dans les leçons qui paraissent devoir être adoptées.

Parallélement l'ensemble des sept premiers livres de la Guerre des Gaules a été scanné, en latin, d'après la plus récente édition Teubner. Le texte ainsi numérisé a été importé dans une base de données spécialement conçue, nommée SUETONE. Cette base contient donc les quelques 44 942 mots du Bellum gallicum. Ceux-ci ont été dédoublonnés pour former un groupe de 10 302 formes présentes au moins une fois. Chaque forme a été rattachée à un terme précis, permettant ainsi de rassembler sous un seul terme toutes les formes de flexion. Nous obtenons alors 3 152 termes. La nature (verbe, nom propre et commun, adverbe) a été précisée pour chaque terme; Ainsi nous pouvons savoir précisément pour n'importe quel terme quand il apparaît dans le Bellum gallicum (à quel livre, chapitre et ligne) et sous quelle forme. Cela nous permet de procéder très rapidement à des études exhaustives de l'emploi et par conséquent du sens précis de tel ou tel mot dans le texte de César. Cel a permet d'apporter des éléments supplémentaires permettant souvent d'en finir avec les doutes sur les passages difficiles.

Voici en illustration deux exemples des résultats possibles grâce à SUETONE.

Etude du terme arx : Les dictionnaires, (Quicherat, Gaffiot) donnent pour arx la traduction de citadelle, sommet, place-forte. Il est intéressant de remarquer que César n' emploie ce terme que deux fois : au livre I chap. 38 (arcem), puis au livre VII, chap. 84. (arce). César n'utllise nullement ce terme pour Gergovie, qui est un oppidum élevé, ni en d'autres endroits. Doit-on en conclure que les sites de Vesontio (Besançon) et d'Alésia présentent des similitudes topographiques ? Si oui, c'est très riche d'enseignements, car le site de Vesontio est parfaitement connu !

Nous comptons 383 fois le nom de César dans le Bellum gallicum et nous observons que 56 % de ces emplois sont au nominatif, ce qui souligne son activité et le fait qu'il s'attribue un nombre important des initiatives.

Curieusement et c'est un fait unique dans le Bellum gallicum le nom de Vercingétorix, cité 42 fois, est aussi au nominatif dans 56 % des cas. Cela permet de mesurer l'importance que César attribue à son adversaire.

 

 

Voir Texte latin des six premiers Livres du Bellum Gallicum

Livre premier

Livre deuxième

Livre troisième

Livre quatrième

Livre cinquième

Livre sixième

Livre septième