L' Alsacien Romain
En Germania Supérieur

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Les Cartes Romaines
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En 31 av JC Auguste vint lui même en gaule pour se montrer au peuple gaulois et résoudre le problème de la réorganisation de l'état romain. Il retira les fausses monnaies qui avaient cours forcé et fit de la frappe de la monnaie un monopole du prince qui seul avait le droit de battre monnaies d'argent et d'or., alors que le sénat ne pouvait battre que des pièces en cuivre.
L'établissement du cadastre facilita à Auguste la construction de routes stratégiques et commerciales. Toutes les routes partaient de la borne militaire dorée du forum de Rome, des courriers se tenaient prêts à courte distance pour transmettre les dépêches, de courrier à courrier jusqu'au destinataire. On possédait des répertoires sur les distances entre les différentes stations . Deux d'entre eux ont été conservés :
 
l'Itinéraire d'Antonin et la Table Peutinger (Aussi appelé Table Théodosienne par erreur)
1- L'Itinéraire d'Antonin :

Est un recueil de notices (notes de fonctionneaires, militaires et marchands) établi par un inconnu vers l'an 300 à l'époque de Dioclétien.

2- Table de Peutinger :

D'après une étude d'Ernest Desjardin (Paris 1869), le manuscrit de la bibliothèque de Vienne appelée Table de Peutinger serait l'oeuvre d'un moine de Colmar qui au XIIIème siècles, aurait copié un document plus ancien dont l'origine remonterait à une période entre Auguste et les derniers descendants de Constantin. Le moine anonyme aurait reporté les noms et les dessins de cette carte sur douze feuilles de parchemin dont la première est perdu.Mais l'opignon de Desjardin est fondamentalement démentie par le Dr Konrad Miller. Celui ci dit :

La carte du monde de Castorius appelée " Table de Peutinger "

date de la fin du IVème siècles et nous est conservé en un seul exemplaire. Celle ci a été réalisé après Constantin mais avant Théodose, dans la seconde moitié du IVème siècles correspondant à l'année 366 déduite de trois vignettes principales (Rome-Constantinople-Antioche). Miller considère Castorius (l'écrivain profanes romains) comme l'auteur de la Table de Peutinger. (Découverte au XVIème siècle par l’humaniste Conrad Peutinger, la "table" est un manuscrit du XIIIème siècle, de 7 m de long sur 30 cm de hauteur, copie d’une carte romaine du IIIème ou du IVème siècle. Elle représente sous forme de graphique, sans prétention d’exactitude cartographique, les itinéraires de l’Empire Romain.)

( Peutinger Conrad -géographe et humaniste allemand, il possédait dans ses collections une table des itinéraires de l'Empire romain, appelée depuis Table de Peutinger. Cette table est une copie réalisée par des moines de Colmar au XII° siècle d'une carte romaine datant du IV° siècle, elle-même probablement la copie remise à jour d'une grande carte du monde peinte sur le portique d'Agrippa à Rome vers 12 de notre ère. On appelle également cette carte Table Théodosienne, car elle représente les routes militaires romaines sous l'empereur Théodose. )

Pour mémoire : Le mille romain (mille passus) mesure 1,4815 km. Il ne faut pas prendre en compte l'ancienne lieue gauloise de 2,426 km mais le mille gallo-romain de 2,222 km

1 - Cartes anciennes utilisées
Extrait de la carte du monde de Castorius appelée Table de Peutinger - (366) -
A - Analyse de la route de l'empire partant de Rome par delà les Alpes Pennines, le Grand-Saint-Bernard, Soleure, arrive à Augusta Rauracorum (Augst près de Bâle) puis longe le Rhin.

Il est à noter que l'Itinéraire d'Antonin introduit la station de Stabulis(????) entre Cambete et Argentovaria.

Table de Peutinger

Soloduro

(Soleure)

..

Augusta Rauracum

(Basel-Augst)

22

Arialbinum

(Huningue)

6

Cambete

(Kembs)

7

--------------------))))

Argentovaria

(Horbourg)

12

Helellum

(Ehl.ou.Benfeld)

12

Argentorate

(Strasbourg)

12

La "Table de Peutinger" est conservée à Vienne, en Autriche, mais il y en a deux bonnes gravures anciennes à l’Institut Géographique National, à Paris.

Cliquez ici pour voir la carte

Nota : La première mention de nos villes alsaciennes est faite par Claude Ptolémée savant grec qui vécut à Alexandrie au IIème siècle ap.J.C. Dans sa Géographie (8 livres) il cite Augusta Rauracum ,Argentovaria ,Argentoratum par ordre d'importance.

B - Analyse de la route de l'empire partant de Rome par Augusta Praetoria (Aoste) par delà les Alpes puis Genève, Besançon, vers Mandeure puis vers le Rhin

Itinéraire d'Antonin

Epomanduoduro

(Mandeure)

.L.

Gramato

(Fêche l'Eglise?

19

Larga

(Largitzen)

25

Uruncis

(Rixheim??)

18

M.Brisiaco

(Vieux-Brisach)

24

Helveto

(HEhl-Benfeld)

25

Argentorate

(Strasbourg)

30

 

(Carte Pettinger, reproduction 1750) route n° 2 de "Large- Cambete - Arialbinum- Augusta Raurica" (Largitzen - Kembs - Allschwil - Augst) se prolongeait vers Gramatum et Epomanduodurum (Mandeure)

Carte des environs de Bâle de "Sebatianu Munster" de 1538 ou figure Bornhaupt

Extrait d'une carte "Elsass" de "Daniel Speckel von Strassburg" (1576)

Carte dite de "Mercator" datée de 1620 "Utriusque Alsatiae Superioris ac inferioris Nova Tabula"

Carte de Bâle à Strasbourg, signée "Chés le Sr le Rouge rue des grands Augustins" vers 1620

Carte Mercator "Alsatia Superior" Vers 1700

Carte "Landgraviatus Alsatiae" de Johann Baptiste Homann de Nuremberg (vers 1730?)

 
Les villes importantes sont figurées par deux maisons accolées, les villes d’eaux par un portique carré (Aix : peu visible, à droite de la reproduction), les arsenaux par un chantier en demi-cercle (Fos). 
La vérification des distances fait la joie des érudits, ainsi que l’identification des bornes "milliaires" ; celle de l’entrée d’Arles, au carrefour de Montmajour, est familière aux automobilistes. On peut voir aussi quatre bornes sur la Via Domitia entre Beaucaire et Nîmes, dont l’une a gardé des inscriptions lisibles.  
Les villes et stations citées dans la partie qui nous concernent sont, en bas de la carte, de l’Ouest à l’Est : 
Ugerno : Beaucaire (mis fort loin du Rhône par le graphique) 
Arelato : Arles 
Ernagina : Saint-Gabriel 
Fossis Marianis : Fos 
Glano : Saint-Rémy 
Mais on relève aussi : Avennione (Avignon), Mafilia Grecorum (Marseille), Apta Julia (Apt), etc. 
Pour en savoir plus, il faut lire l’article de Charles Hans "Arles et les voies romaines" dans le Bulletin des Amis du Vieil Arles. 

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