L' Alsacien Romain
En Germania Supérieur

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Les Routes Romaines
407

Progression romaine vers et le long du Rhin

En 27 av. J.-C. Octave Auguste nomme un légat pour s'occuper de l'armée du Rhin. Il éléve au rang de capital la ville de Lugdunum (Lyon).
En 15-10 av. J.-C. Octave Auguste fonde une nouvelle colonie sous le nom de : Colonia Paterna Munatia Felix Appolinaris Augusta Emerita Raurica. afin d'assurer le passage sur le Rhin au deux axes militaires.
  • La route Nord-Sud assurant la liaison Italie vers la Rhénanie en passant par le col du Saint Bernard
  • La route Est-Ouest assurant la liaison de la Gaule vers le Haut Danube et la Rhétie

1 - Lugdunom - ( Lyon )

-43 av J.C.

Jules César était mort, lorsque le gouverneur, Lucius Munatius Plancus, reçut, vers 43 avant Jésus-Christ l'ordre du Sénat romain de fonder, en cet endroit, une ville qui s'appela Lugdunom, et une vaste ville gallo-romaine s'est alors développée sur la colline de Fourvière.

On admire ce visage antique de la ville d'amphithéâtres en odéon, d'aqueducs en mosaïques. C'est vers 16 avant Jésus-Christ que Lugdunum fut faite capitale des trois Gaules par l'empereur Auguste (63 av. J.-C.-14 apr. J.C.), à qui l'on doit le premier des théâtres antiques que l'on peut admirer encore aujourd'hui.

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Il y a deux théâtres gallo-romains implantés sur la colline de Fourvière. Le plus grand (10.000 places) est aussi le plus vieux. Il fut constuit vers 15 a.J.-C.

Centre politique, administratif, commercial, Lyon a gardé de ce glorieux passé antique de nombreux vestiges. Le site gallo-romain de Fourvière montre ainsi, à flanc de colline, un extraordinaire paysage antique. Le théâtre et ses 10.000 places, admirablement conservé, fige la mémoire des grands spectacles à la romaine et accueille encore de nos jours des concerts, des pièces de théâtre. Ce lieu culturel vit intensément, l'été venu, pour une succession de spectacles sous les étoiles.

La conquête de César ne change pas brusquement le mode de vie en Gaule. Les sanctuaires de La Tène sont reconstruits selon les normes de l'architecture romaine, mais on y pratique toujours les cultes ancestraux, comme celui du dieu Mullo à Athée.

L'importance locale du sanctuaire de Jublains explique que les Romains aient choisi ce site pour établir une ville, chargée d'administrer la cité des Diablintes. C'est la ville neuve, Noviodunum, qui doit être, dans cette province lointaine, une vitrine de la romanité. On la dote d'un plan géométrique et d'un ensemble de monuments. Ici vivent des artisans, par ici pénètrent des produits de la Gaule et même de tout l'Empire.

Des agglomérations secondaires se constituent, comme Interamnes, aujourd'hui Entrammes.

L'entrepôt fortifié de Jublains rappelle que le site est un carrefour routier. Son abandon, après la grande crise du IIIe siècle, annonce le déclin irrémédiable de la ville et de la cité elles-mêmes.

Il faut admirer aussi le petit théâtre de l'odéon et surtout contempler, proche de ces murs vénérables, tout le paysage lyonnais à ses pieds avec pour fond la chaîne des Alpes par temps clair.

Dans le quartier de la Croix-Rousse, l'Amphithéâtre des Trois Gaules parle du martyr des premiers chrétiens, tandis qu'aqueducs ou tombeaux romains se dressent ici et là aux alentours de la ville. A Saint-Romain-en-Gal, le sous-sol foisonne de témoignages antiques. Un musée archéologique y présente cette collection unique. "Les athlètes vainqueurs", une mosaïque de 7 mètres sur 8 mètres, y surgissent du passé dans un élan incomparable.

Seule la partie Nord de l'Amphithéâtre des Trois Gaules reste aujourd'hui visible. Au centre de l'arène on peut voir un poteau qui évoque Sainte Blandine et les Martyrs de Lyon qui y furent suppliciés en 177 ap. J.C..

Le site de Saint-Romain-en-Gal s'étend sur la rive droite du Rhône et ses vestiges appartiennent à un vaste quartier de la ville de Vienne antique. Dans ce tissu urbain, densément occupé, entrepôts, boutiques et ateliers évoquent l'activité intense et la richesse d'une ville tournée vers le fleuve. De grandes maisons aux jardins entourés de colonnades, les fontaines, les sols de mosaïques évoquent un cadre de vie entièrement modelé par la romanité. C'est en cheminant sur les voies dallées de Saint-Romain-en-Gal que le visiteur rencontrera l'image vivante et intime d'une cité romaine.

2 - Colonia Augusta Rauracorum - ( Augst )

-20 av J.C.

La colonie se développe pour atteindre 20.000 habitants réparties sur 106 ha. Son age d'or se situe entre 150-200 après JC. Mais au 3ème siècle un tremblement de terre détruit une grande partie de la ville et Bâle devient le chef lieu. Vers 300 les romains édifie le fort de Kaiseraugst ( Castrum Rauracorum) avec comme garnison la legio I Martia (Fondé par Dioclétien)
En 14 av.J.-C. il réorganise la Gaule en trois province : la Belgique, la Gaule Lyonnaise et l'Aquitaine et nomme Drusus gouverneur et le charge d'édifier le long du Rhin une cinquantaine de points fortifiés dont cinq en Alsace. Octavien-Auguste meurt le 19 aôut à Nola. et Tibère devient régent.  

3 -Argentoratum - ( Strasbourg )

-12 av J.C.

Ainsi fut crée en -12 av J.C. le camp d'Argentoratum (Strasbourg) près d'un marché et de sanctuaires gaulois. La IIème légion Auguste y est abrité sur 20 ha et protégé par des remblais de terre et des palissades puis progressivement d'une enceinte de pierre achevée vers 130. En fait, c'est le général romain Drusus, frère de Tibère, le futur empereur qui est le père-fondateur d'Argentoratum et Strasbourg devrait s'appeler...Drusenheim.
Drusus fit construire plus de cinquante forteresses le long du Rhin. Ces forteresses, ce sont les castella Drusi, les forts de Drusus, établis de la Suisse à la Hollande et constituant une sorte de ligne Maginot avant l'heure. Cela se passe vers -12, -16 avant Jésus-Christ. Il est possible de supposer que l'Argentorate augustéenne comptait cinq ou six mille habitants, pour une grande part d'ailleurs étrangers au pays et n'étant pas destiné à s'y établir. Il va donc de soi que cette bourgade avait dès cette époque un caractère très cosmopolite, et quelque peu instable...
Les légions vont maintenant se succéder dans ce qui est devenu un camp de légionnaires. Une période de croissance et et de relative prospérité s'installe dans l'agglomération militaire et civile. Celle-ci prend peu à peu des proportions qui correspondent à l'actuelle ellipse insulaire. Les tribus germaniques, dont les Suèves, se soumettent à la paix romaine. Désormais, la frontière de l'empire romain se trouvait projetée vers l'est, au-delà de la Forêt-Noire. Jusque dans les années 260 après J.C., Argentoratum devient la base arrière logistique la plus importante des Romains.
Dans la nouvelle civilisation qui s'élabore aux confins de la décadence prochaine de l'Empire romain, Strasbourg est l'un des creusets ardents où se fondent les éléments adverses d'un nouveau monde. En 352, Alamans et Francs détruisent totalement une quarantaine de places fortes sur le Rhin dont Strasbourg. Mais Rome, décida de reconquérir Argentoratum pour chasser les Alamans de Gaule. Le César Julien, appelé l'Apostat, défit les troupes alamanes en l'an 357. L'Empire romain connaît, grâce à cette bataille, un court répit. La ville d'Argentoratum est en partie restaurée.
Mais en 406, une véritable trombe ethnique se déverse, à Mayence, par-delà le Rhin. Sous la poussée des Huns, les Burgondes, Vandales, Suèves se ruent sur la Gaule.
C'est Attila qui détruisit définitivement la ville en 451. Après le passage dévastateur des Huns, les Alamans s'établirent en maîtres dans la région. Pendant plusieurs décennies, l'histoire perd toute trace d'Argentoratum.

4 - Vesontio - ( Besançon )

-10 av J.C.

Dès avant la conquête romaine, les Séquanes puissante tribu celte , dominaient une région s'étendant des sources de la Seine au Jura. Sur cette colline escarpée ( un anticlinal du Jurassique moyen) ils installèrent leur opidium et fondèrent leur capitale de nom Vesontio. L'intérêt stratégique de ce site ne pouvait laisser indifférent le conquêrant des Gaules, Jules César. En -58 il s'y installe avant d'affronter les germains d'Arioviste et en fait une description très fidèle dans ses commentaires.

Deux des colonnes du temple gallo-romain figurent dans les armoiries de la ville
La colline fut baptisée par les romains : le Mont Coelius

Conquise au Ier siècle av. J.-C. par Jules César, protégée par Galba, contrôlée et dominée par Marc Aurèle, confortée dans ses droits après la réforme de Dioclétien et dotée au cours du temps d'habitations luxueuses, de monuments civiques et de « sanctuaires magnifiques » comme l'écrivait l'empereur Julien en 368, Vesontio-Besançon n'a jamais été oubliée des empereurs romains. Mais que reste-t-il de cette ville antique, presque insulaire, profondément transformée par les travaux d'aménagement ? Ici, au point de jonction de la citadelle et de la ville basse un arc de triomphe - la Porte Noire - du même type que celui de Trajan à Bénévent ou celui de Titus à Rome ; là, une colonnade cachée sous les frondaisons d'un square, plus loin un aqueduc, un château d'eau, les restes d'un amphithéâtre et de très beaux objets témoins d'un présence romaine constante.

Place forte naturelle, capitale des Séquanes, Vesontio possède des ressources abondantes. L’habitat gaulois primitif situé dans la partie est de la "boucle" du Doubs est lié à une activité artisanale (poteries, fonderies, forges). La nécropole, près du secteur marécageux de Chamars, marque sans doute la limite de cet habitat. Du Ier au IIIe siècle, Vesontio s’étend du temple situé au sommet de la colline à l’amphithéâtre bâti sur la rive droite du Doubs, en passant par la "boucle" où la plupart des grands édifices s’installent le long de l’axe principal, actuelle Grande-Rue. Le seul accès à ce vaste ensemble urbain est le pont Battant. La porte Noire, arc de triomphe, est probablement élevée sous le règne de Marc Aurèle. En partie restaurée au XIXe siècle, elle possède une baie unique et présente un riche décor sculpté. L’amphithéâtre dont quelques vestiges sont encore visibles, pouvait accueillir 20 000 spectateurs. Les thermes, les temples, le théâtre (situé sous l’hôtel de Région) témoignent de l’importance de la ville jusqu’au déclin de la fin du IIIe siècle.

Le pays se situe aux confins nord-est de la Provincia Séquanorum, région marquée par la confluence de la grande voie militaire romaine, tracée de Lyon vers le Rhin alsacien et la voie secondaire qui relie Soleure (Franches-Montagnes) à Luxeuil, passant par Epomanduodurum (Mandeure). Près d'un ancien sanctuaire celte.

LE SQUARE CASTAN - Rue de la Convention

L' ensemble du SquareCastan (du nom de l'archéologue qui en fit les fouilles au XIXè siècle) est représenté par un vaste édifice hémi-circulaire non identifié où l'on a vu les vestiges d'un théâtre puis d'un nymphée (réservoir à eau). Huit colonnes romaines corinthiennes, remontées au bord de la rue de la Convention, donnent une idée de l'ampleur du monument.

Constatant les qualités stratégiques du site, Jules César renforce la capitale des Séquanes. Jusqu'au IIIe siècle, le seul accès à la ville est le Pont Battant ; édifié par les Romains, il commande le passage du Doubs. La Porte Noire, arc de triomphe établi sous Marc Aurèle, témoigne de l'importance des monuments antiques.

LA PORTE NOIRE - Rue de la Convention

Arc de triomphe qui a été vraisemblablement construit à la fin du Ile siècle, sous le règne de Marc-Aurèle. Ce monument est surtout remarquable pour les belles proportions de la baie centrale, et la profusion de sa décoration sculptée aux thèmes allégoriques, mythologiques et militaires.

 

Mogontiacum ( Mayence )

8 av J.C.

Le Musée de la civilisation gallo-romaine : 1er ensemble archéologique national

 

Présentation générale

Le musée de la civilisation gallo-romaine a été inauguré le 15 novembre 1975. L'idée de construire un grand musée archéologique naquit en 1957 avec le transfert d'une part importante des collections gallo-romaines - conservées jusqu'alors au Palais Saint-Pierre - dans un petit bâtiment sur le site des théâtres antiques de Fourvière. C'est Louis Pradel, Maire de Lyon, qui prit la décision de cette construction, convaincu par Amable Audin, Conservateur des collections gallo-romaines et grand défenseur du projet, et incité également par Pierre Quoniam, Inspecteur général des Musées Classés et Contrôlés. En 1967, le projet fut confié à B.H. Zehrfuss, architecte de renommée internationale. Commencée en 1970, la construction du musée s'acheva en 1975 avec l'inauguration du musée et après plusieurs mois de mise en place des collections. Musée municipal à sa création, il est géré par le Département du Rhône depuis 1991.

Le musée est organisé autour de trois fonctions : exposition permanente, recherche, animation. La moitié de la surface du musée est réservée à la présentation des collections regroupées par thèmes, de la préhistoire régionale au VIIe siècle après J.-C. L'autre moitié est occupée par des bureaux, une bibliothèque spécialisée, à la disposition du public et en particulier des chercheurs, des réserves de collections lapidaires et de petits objets et enfin un service animation qui propose des visites guidées et des ateliers.

 

 

Entrée du Musée de la civilisation gallo-romaine L'architecture

La conception du musée de la civilisation gallo-romaine a été confiée à B.H. Zehrfuss, Architecte en Chef des Bâtiments Civils et Palais Nationaux et Grand Prix de Rome, qui est également l'auteur, à Paris, du CNIT et du Palais de l'UNESCO. Dès l'origine, la décision avait été prise de réaliser un musée de site c'est-à-dire d'intégrer le bâtiment dans le parc archéologique des théâtres antiques. Le parti architectural, original et audacieux, a consisté à enterrer presque complètement le bâtiment, adossé à la colline, en ne laissant apparent que le niveau supérieur des structures des services et deux canons de lumière, visibles depuis le site archéologique. L'architecture intérieure, puissante et transparente, rythmée par le jeu des piliers, fait penser à un colimaçon. Le visiteur s'enfonce progressivement en cheminant à travers les salles pour atteindre le niveau bas des théâtres.

 

 

Salle des religions Les collections

Les collections du musée proviennent essentiellement de découvertes faites à Lyon, mais aussi dans la région : Ain, Isère,... Elles ont la réputation d'être parmi les plus belles de France après celles du Musée des Antiquités Nationales de Saint-Germain-en-Laye : soulignons les remarquables séries d'inscriptions, de statues, de mosaïques, de sarcophages, d'objets de la vie quotidienne (céramiques, verres, bijoux). Les collections sont présentées dans 17 "salles" ou espaces correspondant aux 17 thèmes consacrés aux divers aspects de la vie gallo-romaine à Lugdunum (Lyon), capitale des Gaules. Une première salle est réservée à la préhistoire et à la protohistoire dans la région lyonnaise. Chacun de ces thèmes est organisé autour d'un document principal qui peut être une maquette, une statue ou une mosaïque et auxquels renvoient dans l'espace environnant d'autres objets qui complètent le même thème.

 

 

Table claudienne La table claudienne

C'est au XVIe siècle qu'il faut faire remonter l'origine des collections archéologiques lyonnaises avec la découverte, en 1528, sur les pentes de la Croix-Rousse, de deux fragments de la table claudienne. Cette inscription sur bronze est une des plus belles pièces du musée. Le texte est celui du discours de l'Empereur Claude, prononcé en 48 après J.-C., devant le Sénat romain, pour demander l'accès des chefs des nations gauloises aux magistratures romaines. La requête ayant été adoptée, les Gaulois décidèrent de graver le discours impérial pour l'afficher en un lieu mémorable. Seule la moitié inférieure de ce discours a été retrouvée. C'est une des plus belles inscriptions que nous ait livrée l'Antiquité.

 

 

Mosaïque La mosaïque des jeux du cirque

Découverte en 1806 à Lyon, dans la presqu'île, la mosaïque des jeux du cirque est une des très rares représentations du cirque connue dans l'Antiquité. Outre un théâtre, un odéon et un amphithéâtre, Lugdunum possédait en effet un cirque aux gradins et tribunes de bois. Le long mur axial autour duquel tournaient les chars est remplacé ici par des bassins remplis d'eau, ornés de dauphins et de boules dont le déplacement annonçait la fin de chaque course. Huit quadriges participent à la course appartenant à quatre factions de couleurs différentes. Datée de la 1ère moitié du IIe siècle après J.-C., la mosaïque des jeux du cirque est une des pièces les plus prestigieuses de ce musée.

 

 

Animation : Mosaïque Animation

Des visites guidées commentées par les guides conférencières du musée sont proposées aux groupes de scolaires et d'adultes sur différents thèmes : la civilisation gallo-romaine à travers les collections ; l'urbanisme à Lugdunum ; les spectacles gallo-romains ; le décor des mosaïques et des peintures murales ; les religions païennes.

Des ateliers permettent aux scolaires de concrétiser leurs connaissances et de s'initier aux méthodes des archéologues. Encadrés par les guides conférencières du musée, les enfants découvrent la vie dans la Gaule romaine : Ateliers "mosaïque", "céramique", "urbanisme antique", "vie quotidienne", "numismatique", "inscriptions latines" .

 

Contact

Le Musée de la civilisation gallo-romaine

Conservateur : Jacques LASFARGUES

17 rue Cléberg - 69005 LYON

Tél. (33) 4 72 38 81 90